Mes deux blogs: auteurjcfochi.blogspot.com jamelioremonexpression.blogspot.com
samedi 11 juin 2016
Pas d'ennui à la campagne
Paul arrive à la ferme pour passer un mois de vacances en pension, il fait bon et le soleil s'est établi pour plusieurs jours avec un ciel bleu traversé par quelques cirrhus.
Après s'être installé dans sa chambre, sous le hangar il retrouve son vélo protégé par une bâche. Comme il n'a pas échappé à la poussière, avec un bon lavage, il n'y paraitra plus.
Il aimerait bien que ces dernières vacances à la campagne lui laissent un souvenir marquant car l'an prochain, étudiant, il ne sera plus dans la région. N'y pas réussir lui secrète une petite angoisse, un doute pour les prochains jours.
Dès l'après midi, malgré la chaleur sèche et sa timidité naturelle, il fait le tour à vélo des propriétés qu'il connait pour retrouver des camarades. Mais cette année, personne de ses connaissances n'est venu. Il est décontenancé, pas d'amis avant longtemps, peut être dans trois semaines: ce sera long d'attendre. Il ne s'y attendait pas.
Il se retrouve seul, car il ne peut compter sur le couple de fermiers pour lui fournir du divertissement. Pas question de regarder la télévision avec eux. Il n'a plus qu'à se réfugier dans l'écoute de sa radio portative. N'ayant pas emporté de livres à lire, Il se sent pris au piège.
Il met tous ses espoirs dans la nature environnante qui lui fera peut-être découvrir quelque source d'intérêt. Ses balades en vélo sont là pour y pourvoir.
Mais le doute sur la réussite de ses vacances s'installe: n'avoir rien à faire, ni aucune distraction importante; cela s'annonce mal. Il est un peu dépité.
Vient donc le temps d'organiser sa journée: lever à 9 heures, heure limite pour prendre son petit déjeuner préparé par la fermière qui ne peut reculer cette heure. Que va t il faire ensuite?du vélo jusqu'à 11 heures, pour assister au repas de midi. Ensuite une sieste jusqu'à 16 heures et une balade dans le bois qui jouxte la ferme. avec retour à 19 heures pour la soupe du soir. S'il n'a pas de livre il a quand même son carnet de croquis et ses crayons, à sa charge de trouver des points de vue qu'il pourra dessiner.
Le dessin ne lui apporte plus le plaisir de l'année dernière, en conséquence Il lui faut trouver quelquechose à faire.Il propose ses services au fermier qui ne peut lui faire faire que du nettoyage des écuries, peu attractif ! Réponse affirmative après une journée qui lui permet de vraiment mesurer la pression de la solitude, l'ennui est devenu insupportable! il faut faire du différent!
Qu'est ce que va lui apporter cette corvée de nettoyage quotidien? il n'en sait rien mais de là à en faire un bon souvenir de vacances? Il conclut qu'il faut faire consciencieusement cette tâche, on verra après. Personne n'est là pour le juger de faire une activité subalterne. Cela l'amène à changer son programme, plus de vélo le matin a cause des écuries, mais toujours une sieste avec le vélo le soir de 16 heures à 19 heures.
Le fermier deux jours après le début du nettoyage de l'écurie, lui rapporte que la chatelaine voisine se retrouve sans personnel pour son écurie et qu'elle cherche quelqu'un assez rapidement. Il me propose de lui rendre ce service, elle saura être généreuse selon lui. J'accepte l'offre, on ne sait jamais, cela peut ouvrir des horizons.
Le lendemain il est chez la chatelaine, une dame d'un cinquantaine d'années, active et énergique. Comme elle aime bien connaître les personnes qu'elle emploie elle le questionne sur ses passions, ses rêves. Mais c'est aussi une occasion pour elle de se confier, de raconter sa vie, d'échanger et de s'intéresser à la jeunesse. Puis vient le moment de lui montrer ce qu'elle attend de lui à propos de l'écurie qui n'a qu'un seul pensionnaire pour l'instant dont elle prend soin elle même.
Tout devrait bien se passer sauf que sa méconnaissance des lieux dans l'écurie, le fait tomber dans un trou masqué par de la paille. Il ne peut se relever et c'est la chatelaine, accourue, qui l'aide à se relever. Comme il s'est fait une entorse douloureuse, elle l'installe dans son salon et téléphone à son médecin qui arrive une heure après. Il prescrit à Paul une immobilisation après lui avoir fait un bandage serré. Il repassera dans deux jours pour suivre l'évolution.
Se sentant responsable, la chatelaine lui propose de l'héberger jusqu'à la fin des vacances; il pourra emprunter des livres dans sa bibliothèque, et elle n'attend personne donc elle peut mettre sa chambre du rez de chaussée à sa disposition. Elle part prévenir les fermiers de cet arrangement et en profite pour rassembler les affaires personnelles de Paul. Elle négocie avec le fermier l'entretien matinal de son écurie à titre d'échange pour la pension de Paul chez elle.
Paul est comme un coq en pâte, soigné, entouré par la chatelaine qui est attentionnée au moindre de ses désirs. Il se contente de goûter l'air du temps en s'efforçant de ne pas remuer son pied qui le taquine de temps en temps.
Quelques jours passent et Paul est devenu le confident de la chatelaine. Ils prennent le thé sur la terrasse sous le cerisier et elle lui raconte ses années de sa jeunesse, comment elle et ses amis se réunissaient mais aussi les moments où elle s'isolait pour pouvoir profiter du temps pour lire des gros ouvrages comme "Guerre et Paix" par exemple.
Lui n'a que des espoirs à raconter car peu d'expérience en raison de leur différence d'âge. Il apprécie les anecdotes qu'elle lui raconte sur sa vie passée et apprennent ainsi à se connaitre. Lorsque la météo n'est pas favorable ils rentrent à l'intérieur de la bâtisse.
Mais rester sans bouger lui coûte. Et s'il essayait de marcher un peu. La chatelaine le dissuade, c'est trop tôt! il ne faut pas tenter l'impossible!
Comme tout jeune adulte il s'entête et Il commence à pouvoir s'appuyer sur son pied douloureux. Mais imprudent il dérape et est rattrappé par les bras de la chatelaine.
Ils se retrouvent enlacés, surpris de partager ce moment d'intimité arrivé malgré eux. Paul sent la chaleur du rapprochement avec une émotion forte qu'il n'a jamais ressentie à ce jour. Il la regarde en souriant. elle lui rend son sourire et continue de le serrer dans ses bras.
Puis il s'appuie sur son épaule, elle l'accompagne jusqu'à sa chambre et ils deviennent intimes jusqu'au soir.
Leurs réserves sont tombées, ils n'ont même pas pensé à elles, tout s'est passé naturellement.
Le lendemain matin le fermier vient nettoyer l'écurie et en partant il prend congé de la chatelaine, qu'il trouve au chevet de Paul allongé dans sa chambre. les cheveux défaits, alors qu'elle est toujours très soignée, Le fermier n'est pas dupe sur la relation qui s'est installée entre eux. Il croit de son devoir de rentrer en contact avec les parents de Paul pour venir le chercher et se faire soigner près de chez eux. Il ne donne pas de détails mais insiste auprès des parents. A l'annonce de la venue de ses parents Paul quitte la chatelaine en lui exprimant son remerciement pour les moments qu'il a passé avec elle, l'inscrivant dans ses meilleures pensées.
Nul doute que Paul gardera un bon souvenir de ses vacances malgré le désagrément d'une entorse.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire